Faut-il vraiment un permis de conduire pour trottinette électrique ?

Pas besoin de mythifier les chiffres : le nombre d’incidents liés aux trottinettes électriques grimpe à vue d’œil. Ce mode de déplacement a envahi nos rues, s’inscrivant dans le quotidien des citadins comme une évidence. En parallèle, la question de la sécurité prend une ampleur inédite, jusqu’à remettre sur la table l’idée d’un permis de conduire pour ces engins modernes. Chacun y va de son avis : certains y voient la garantie d’un usage plus responsable, d’autres redoutent un frein à un moyen de transport devenu incontournable. À l’heure où liberté rime avec vigilance, le débat s’enflamme.

La réglementation actuelle sur les trottinettes électriques

Depuis le décret du 23 octobre 2019 signé par le ministère de l’Intérieur, les trottinettes électriques n’évoluent plus dans une zone grise : elles répondent désormais au code de la route. Ce texte a mis fin à une période d’incertitude et ancré ces engins de déplacement personnel dans la loi.

L’été 2023 marque un tournant : le décret n° 2023-848 du 31 août 2023 hausse le niveau d’exigence. Tout manquement aux règles de circulation coûte cher. Les raisons sont limpides : réduire les prises de risques et responsabiliser chaque utilisateur. Un exemple frappant : le port du casque, désormais impératif pour tous les moins de 18 ans.

Au 15 mars 2024, un nouvel arrêté est venu affiner les règles de circulation. Il impose notamment les mesures suivantes :

  • Interdiction totale de rouler sur les trottoirs
  • Vitesse limitée à 25 km/h, sans exception
  • Dès qu’une piste cyclable est présente, elle doit être utilisée en priorité

Ce renforcement du cadre légal a été promu par Élisabeth Borne, qui a porté la réforme jusqu’à son inscription dans le code de la route.

Résultat : même sans permis de conduire obligatoire, la trottinette reste encadrée par une réglementation stricte. L’objectif ? Un partage de l’espace public plus serein et une sécurité renforcée pour tous.

Les obligations en matière de sécurité

Pour les utilisateurs de trottinettes électriques, la sécurité ne laisse aucune place à l’improvisation. Les obligations sont claires : réduire le risque d’accident et protéger chaque usager de la rue.

D’abord, le casque : les moins de 18 ans y sont obligés, les adultes y sont fortement invités. Dans la réalité, un simple choc à 25 km/h peut faire toute la différence entre une belle frayeur et un passage par les urgences.

Côté équipements, la loi impose à chaque trottinette de disposer de certains dispositifs. Avant chaque trajet, il est donc conseillé de vérifier la présence des éléments suivants :

  • Feux avant et arrière pour être visible une fois la nuit tombée ou par mauvais temps
  • Klaxon ou avertisseur sonore, pour signaler sa présence auprès des autres usagers
  • Gilet rétroréfléchissant à porter lorsque la luminosité baisse, afin d’éviter de se fondre dans l’ombre

Ne pas négliger non plus la responsabilité civile. Prendre une assurance dédiée ou adapter son contrat actuel permet de couvrir les éventuels dégâts, matériels ou corporels. Plusieurs assureurs proposent désormais des formules adaptées à cette mobilité urbaine.

Respecter le code de la route, c’est aussi une exigence pour les trottinettes : priorité aux pistes cyclables, bannissement du trottoir, et vitesse toujours sous la barre des 25 km/h. À défaut, l’addition peut vite grimper, que ce soit en amende ou en conséquences après un accident.

Permis de conduire : est-il nécessaire pour une trottinette électrique ?

Revenons à la question qui anime les discussions : un permis est-il requis pour piloter une trottinette électrique ? Pour l’instant, la loi est formelle : aucune formation ni examen n’est imposé pour circuler sur ces engins.

Le décret du 23 octobre 2019 a posé les bases en rattachant la trottinette au Code de la route, sans introduire d’obligation de permis, et le décret n° 2023-848 du 31 août 2023 a renforcé la répression des comportements dangereux sans modifier ce principe.

Dernier ajustement en date : l’arrêté du 15 mars 2024 précise encore les règles en vigueur, toujours sans exiger de permis.

Un âge minimal est cependant fixé : il faut avoir au moins 12 ans pour s’élancer au guidon d’une trottinette électrique. Les plus jeunes doivent être accompagnés d’un adulte, et il reste judicieux de se former aux bases de la sécurité routière. Cette approche, initiée par Élisabeth Borne, privilégie la responsabilisation à la restriction pure et simple.

L’absence de permis ne signifie pas absence de règles : connaître et appliquer le Code de la route est impératif. La liberté d’utilisation va de pair avec une attention constante à l’environnement urbain.

trottinette électrique

Sanctions et amendes en cas de non-respect des règles

Faire l’impasse sur la réglementation expose à des sanctions financières rapides et parfois lourdes. Quelques exemples illustrent la sévérité des contrôles :

  • Dépassement de la vitesse limite : aller au-delà de 25 km/h coûte 135 euros.
  • Circulation sur le trottoir : sauf exception locale, cette infraction est également punie d’une amende de 135 euros.
  • Ignorer un feu rouge ou un stop : même tarif, 135 euros, comme pour tout autre véhicule.
  • Conduite sous alcool ou stupéfiants : la tolérance est nulle, l’amende grimpe à 750 euros, et la récidive peut entraîner des conséquences juridiques bien plus lourdes.

Les infractions spécifiques

Infraction Amende
Non-port du casque (pour les moins de 12 ans) 35 euros
Absence d’assurance responsabilité civile 750 euros
Usage de la trottinette à deux personnes 35 euros

Aucune indulgence pour ceux qui jouent avec la sécurité : le risque ne se limite pas à une sanction pécuniaire, il engage aussi l’intégrité de chacun et la tranquillité de la collectivité. Un simple faux pas peut tout bouleverser. Rester attentif, c’est préserver son droit de circuler, et celui des autres. Voilà ce qu’il reste, une fois la trottinette rangée et le casque posé : la responsabilité, jamais optionnelle.

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